08/12/2009

La famille Michiels. Héroïques, ils étaient communistes !

 

L'actuel conseiller communal de La Louvière, Jean-Pierre Michiels, est issu d'une illustre famille militante. Ses oncles Frans, Benoît, Théo et leurs épouses furent de grands Résistants.

Frans Michiels et Marie Heylen

Photo: Frans & Marie, mariage en uniforme des JC.

michielsfransFrans Michiels est né en 1916. Il adhère au Parti Communiste en 1932. Il épouse la jeune militante communiste Marie Heylen en 1935. Ils ont une vie de couple éphémère, car bien vite, Frans est mobilisé à la Compagnie des mitrailleurs du 2ème Régiment des chasseurs à pied. Nous sommes en 1939.

Durant la campagne des 18 jours, il est fait prisonnier en Flandre d'où il s'évade en mai 40. Il rentre chez lui à Roux (Charleroi), retrouve Marie et travaillera comme Monteur à La Fabrique de Fer. Le couple cohabite quelques mois avec Catherine et Pierre Michiels, les parents. La maison familiale devient l'une des plaques tournantes de la résistance rovienne: on y cache des armes, des munitions, on y fabrique des bombes. Dès 1941, les premiers attentats antinazis y sont orchestrés.

Frans se met à la disposition des Partisans Armés. Victor Thonet, le Commandant des PA apprécie sa détermination et son sang froid et lui confie diverses missions délicates. Frans devient l'adjoint du Commandant. En 1942, Marie Heylen, dépose une bombe au cinéma Coliséum à l'occasion d'une réception de la gestapo. Juillet de la même année, alors que frans s'apprêtait à célébrer "dignement" la Fête Nationale, il échappe de justesse aux nazis venus l'arrêter à la suite d'une dénonciation. Il refuse de gagner l'Angleterre comme lui propose le PC.

"Brûlé" à Charleroi, il est envoyé dans la région du centre où il devient Commandant des PA. Il est finalement arrête en janvier 43, envoyé à Breendonk où il retrouve ses frères Théo et Benoît dont il sera le voisin de cellule. Traduit en conseil de guerre, il est condamné à mort. La veille de son exécution, il tente en vain de s'évader avec ses compagnons de cellule. Il est fusillé au Tir National le 20 avril 1943 en compagnie de trois autres résistants, Emile Maufort, Raymond Geenen et Victor Thonet. Marie, elle, est aux mains des nazis dès juillet 43. Elle est emmenée d'abord en France puis à Ravensbrück d'où elle est libérée en mai 1945.

Le corps de Frans sera ramené à Roux à l'occasion d'impressionnantes funérailles et inhumé au cimetière communal le 16 septembre 1945.

Benoît Michiels et Yvonne Forneville

Benoît est né à Roux en 1922. Militant aux Jeunesses Communistes, il a à peine 18 ans lorsque la guerre éclate. Il entre très tôt dans la Résistance et devient courrier principal, intermédiaire entre les corps résistants armés et le Front de l'Indépendance. Il agit dans un groupe dirigé par Yvonne Forneville... Née en 1916, très tôt active dans la résistance avec son père Julien. Elle va prendre la direction de la formation. Les missions de Benoît et Yvonne: fabrication des journaux, courriers et sécurité, propagande auprès de la jeunesse pour qu'elle refuse la déportation et le travail forcé...

 

Après l'arrestation de son père en mai 1942, Yvonne Forneville entre dans la clandestinité. Elle est arrêtée à Charleroi en janvier 1943. Elle séjourne dans les prisons d'Aix-la-Chapelle, d'Hanovre et de Berlin avant d'être envoyée au camp de concentration de Ravensbrück. Elle y est affectée à l'atelier de couture où le bris accidentel d'une aiguille équivaut à un acte de sabotage durement réprimé.

A Roux, après la tentative d'arrestation de son frère Frans, la maison familiale étant étroitement surveillée, Benoît devient "clandestin". Malgré cela, il sera arrêté en décembre 43, devant la gare de Marchienne, alors qu'il est en service commandé pour la résistance. Après un interrogatoire musclé à Charleroi, il est emmené à Brendonck où il passe 411 jours dont 106 en cellule. Il y retrouve ses frères ainsi que son futur beau-père, Julien Forneville.

Du 8 février 1944 au 12 septembre 1944, il est transféré à Vucht, en Hollande. Des conditions de vie un peu meilleures lui permettent de récupérer un peu de forces. Les prisonniers sont cependant déplacés en raison de l'avance des alliés. Le militant communiste se retrouve à Sachenhausen en Allemagne jusqu'à l'évacuation du sinistre camp le 21 avril 1945. Il est contraint de participer à "la marche de la mort": 400 km d'enfer en 16 jours jusqu'à Crivitz où il est enfin libéré par L'Armée Rouge, le 7 mai 1945.

Libération aussi pour Yvonne. Mais en avril. Elle effectuera un séjour au Danemark puis en Suède sous les auspices de la Croix Rouge. Elle retrouve ses parents et sa fille Yvette le 15 juin 1945.

De retour en Belgique, Benoît retrouve bientôt sa compagne de résistance, qu'il épousera...

Incapable d'accepter l'autorité de supérieurs hiérarchiques en usine, il s'établit comme indépendant et sillonne, côte à côte, avec sa mie, la région de charleroi pour vendre du beurre aux particuliers. Le couple s'établit à Chapelle-lez-Herlaimont. Ils consacrent de longues années de leur vie à militer au sein d'organisations patriotiques et de résistants. Ils témoignent également pour que ne s'efface pas le souvenir de ce qu'ils ont vécu. Pour ce faire, ils accueillent des milliers de jeunes pour leur faire visiter Breendonk et les mettre en garde contre les dangers du fascisme et de l'extrême - droite.

Yvonne s'est éteinte, chez elle à Chapelle, dans les bras de Benoît, le 14 février 1994. La veille, elle avait encore participé à une assemblée d'anciens résistants...

Benoît est le co-auteur du livre "Partisans en Pays Noir". Il est décédé le 1er juin 2000.

Théo Michiels

Photo: Théo, 2ème en partant de la droite dans son groupe de "travail" de Buchenwald.

michielstheoNé à Geel le 17 août 1911. Il est désigné responsable régional clandestin du réseau "solidarité".

Il s'agit d'une structure créée par la résistance pour venir en aide aux familles de résistants arrêtés, aux réfractaires et aux illégaux.

Théo sera arrêté, peu après ses beaux-parents, Adolphine et Manu Willems, le 5 décembre 1942. Emprisonné à Charleroi, puis à Breendonk, il séjourne un an à la prison de Saint-Gilles avant d'être envoyé dans l'enfer de Buchenwald.

Après la guerre, Théo crée avec Jean Lavacherie, le home "Les Cailloux" à Jodoigne qui accueille les orphelins de résistants. Il en devient le chef éducateur jusqu'à sa retraite au début des années 70.

Sandro Baguet

PC la Louvière.

12:28 Écrit par Communiste, c'est mon parti ! dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Merci pour cet article, j'ai été très émue. En effet benoît et Yonne sont mes arrières grands parents, je l'ai aimait beaucoup et ils me manquent terriblement. Ça fait plaisir de voir que l'on oublie pas leur histoire.

Écrit par : mus julie | 13/04/2015

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