03/12/2009

La Louvière, the wonderful world ?


clowns%20(24)Conseil communal interpellant lundi 23 novembre à La Louvière. Trois points de l’ordre du jour étaient à épingler.

L’affaire Progès, du nom de cette ASBL bénéficiaire de subventions européennes pour des projets d’économie sociale dans le quartier de Bois du Luc. Ces projets pour lesquels d’importantes sommes ont été versées n’ont jamais vu le jour. L’ASBL, après bien des déboires financiers, a été dissoute. Un litige perdure avec la banque qui avait versé des avances sans garantie de remboursement et s’est retournée vers la ville pour être dédommagée. Une transaction a été proposée mais certains administrateurs la refuse. L’affaire sera donc plaidée l’an prochain. Une enquête est en cours pour déterminer si d’éventuelles malversations dans la gestion de l’ASBL auraient été commises.

 L’opposition Ecolo et CDH a proposé que la ville se porte partie civile pour que l’on fasse la lumière sur cette affaire dans la mesure où la ville affirme n’avoir aucune responsabilité dans l’affaire. Refus de la majorité socialo-libérale au nom de l’intérêt supérieur de la ville. De connivence, un échevin MR appuie ce principe bien qu’il s’agisse, dit-il, d’un problème « socialo-socialiste » (sic). Il est permis de s’interroger sur les raisons de cette « prudence ». L’intérêt supérieur de la ville n’était-il pas que ces projets aboutissent ? Que les travailleurs qui ont été engagés pour ces projets voient leurs droits respectés, ce qui est loin d’être le cas ? Que les responsabilités dans ce gâchis soient clairement définies ? Que veut-on cacher dans cette affaire et qui veut-on protéger ?

L’installation de caméras de surveillance devait donner lieu à un débat promis par la majorité dès le début de la mandature. En fait de débat, le conseil a dû se prononcer sur le principe décidé d’avance par la majorité socialo-libérale, d’acheter des caméras et, dans l’immédiat, de commander une étude de faisabilité (lieux, type de matériel,…). Dans une longue intervention –qui n’a donné lieu à aucune contre-argumentation de la part du Collège- notre camarade Jean-Pierre Michiels (élu au sein du groupe Ecolo) s’est efforcé de montrer le déficit avéré entre l’importance des investissements et le peu d’efficacité sur le terrain, un engrenage vraisemblable vers une politique de plus en plus sécuritaire, la nécessité de mobiliser beaucoup d’agents pour la vidéosurveillance au détriment d’une police de proximité visible sur le terrain,… La majorité, bien cadenassée, n’a pas bronché. On va donc engager la ville dans des dépenses de plus en plus importantes pour du matériel de vidéosurveillance et du personnel qui y sera affecté, mais on continuera certainement à affirmer que la ville n’a pas les moyens de conforter les équipes d’éducateurs qui mènent dans les quartiers –et dans des conditions très difficiles- un travail de prévention de fond indispensable.

On pensait avoir atteint le sommet de la démonstration de la collusion PS-MR ; on n’était pourtant pas au bout de notre consternation.

Un proposition de motion, proposée à la fois par le groupe Ecolo et le PTB, visant à demander un arrêt des exclusions des chômeurs dans un contexte de crise où les offres d’emplois sont réduites à portion congrue, les faillites et les fermetures d’entreprises de plus en plus nombreuses, a donné lieu à un rejet cinglant de la part du PS. Motif : alors que ces motions ont été approuvées dans des villes, à majorité socialiste pourtant, comme Chatelet et Seraing, la situation à La Louvière serait différente. Le problème de La Louvière, en résumé, ne serait pas un manque d’emplois, dixit la chef de groupe PS, mais un déficit de formation des demandeurs d’emplois qui ne peuvent donc occuper des postes apparemment laissés vacants ? Ben voyons ! Le chef de groupe MR s’est fait un plaisir non dissimulé à appuyer cette « brillante analyse » qui exonère de leurs responsabilités le patronat et, plus généralement, un système économique capitaliste en crise profonde. Cela nous amène à trois observations. La première, pourquoi, alors que le PS est présent à tous les niveaux de pouvoir (y compris dans l’enseignement) depuis si longtemps, ce déficit de formation n’a-t-il pas été éradiqué ou à tout le moins réduit ? Pour paraphraser le dramaturge allemand Bertold Brecht, « si les dirigeants sont si remarquables et le peuple aussi peu à la hauteur,…  ne faut-il pas dissoudre le peuple ? »

La seconde : la chasse aux chômeurs voulue par le gouvernement fédéral, et que nos édiles appellent pudiquement « accompagnement des chômeurs », a exclu des dizaines de demandeurs d’emplois qui viennent grossir les rangs des personnes qui émargent au revenu d’insertion (ex-minimex) du CPAS de La Louvière (et des autres communes de la région). Il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que la crise économique actuelle va encore aggraver ces exclusions. Cela n’a pas troublé les élus socialistes qui ont voté comme un seul homme avec leur allié libéral. C’est à partir de ce constat que survient notre troisième observation qui nous stupéfie : l’Union des Villes et Communes demande également au gouvernement de suspendre les mesures excluant les chômeurs en raison de la crise économique et soutient les motions qui vont dans ce sens.

Or, il faut savoir que le président de l’Union des Villes et Communes n’est autre que monsieur Jacques Gobert, par ailleurs bourgmestre de… La Louvière qui a voté contre cette motion. Cherchez l’erreur…

Hélas, le social-libéralisme a, avec cette majorité, encore de beaux jours à La Louvière.

Les communistes du Centre, quant à eux, seront aux côtés des chômeurs et de leurs organisations pour exiger que l’on cesse de sanctionner les demandeurs d'emploi alors que le chômage s’aggrave.

La section louviéroise du Parti Communiste

16:57 Écrit par Communiste, c'est mon parti ! dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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