18/12/2007

Le PC au deuxième congrès du PGE


pgeNotre parti est membre du
Parti de la gauche Européenne. Une délégation de 6 personnes (Nicole Cahen, Irène Duc, Andrée De Pauw, Pierre Eyben, Maurice Magis et Paul Marcus) était présente lors de son deuxième congrès qui se tenait à Prague du 23 au 25 novembre. Pour la Belgique, l'inititative Une Autre Gauche qui est membre observateur du PGE avait également envoyé un délégué sur place.

Retrouvez ici l'intervention de Maurice Magis concernant le Traité Modificatif Européen donnée en séance plénière le samedi 24 novembre. Le combat contre ce texte ultralibéral et la façon non démocratique dont on tente de l'imposer aux peuples sera dans les mois à venir au coeur de la mobilisation du PGE et des 400.000 membres des partis qui le composent.

Chers camarades,

Je n’insisterai pas ici sur tout ce que vous savez déjà du nouveau projet de traité européens, ni sur toutes les raisons que nous avons de le rejeter. Nous avons débattu de la nécessité d’alerter les opinions sur son contenu et de l’obligation de consulter les peuples. Soit dit en passant, la Belgique officielle, comme en 2005, tente d’échapper, non seulement à une consultation populaire, mais même à tout débat sur les orientations du texte. La question n’est pas close.

magisJe voudrais surtout participer à mettre le traité en perspective. Et rappeler que ce document opaque et élaboré en catimini, prend place, comme tout naturellement, dans un long processus cohérent qui se construit dans les traités depuis celui de Rome, voici 50 ans, jusqu’à l’Acte unique, le traité de Maastricht et l’actuel traité dit « de Lisbonne ».

Ce processus tend à asseoir la domination du néolibéralisme sur notre continent par vagues successives. Il vise à dévaloriser les exigences de progrès et les repères historiques de la gauche. Et donc à faire sortir de l’histoire la gauche elle-même. Soit en faisant glisser celle-ci vers l’impasse de la pensée unique. Soit en décrétant comme hors du possible tout ce qui conteste l’organisation capitaliste des rapports humains.

On peut mesurer les effets de cette stratégie au niveau de l’Union – « un modèle européen antidémocratique, libéral, patriarcal et militariste » disent les thèses – comme au plan des nations. Partout, une formidable régression de civilisation.

La Belgique, à ses différents étages institutionnels, est un exemple pour l’Europe libérale, un élève zélé et convaincu. Et malheureusement, tous les partis « de gouvernement », englués dans une alternance étroite, s’emploient à propager la bonne parole depuis un quart de siècle.

Il ne faut pas s’y tromper : derrière la crise politique que vit notre pays depuis des mois, se préparent clairement de nouvelles attaques contre le système social et les services publics, le droit du travail et les salaires. Avec au bout du compte une mise en concurrence des travailleurs au sein d’un même Etat. Cela, on ne le dit pas dans la presse nationale ou internationale. Pas plus que ce qui est programmé est le reflet scrupuleux des règles édictées par l’Europe actuelle.

L’exemple belge, comme ce qui se passe dans les autres pays de l’Union, exige effectivement mise en lumière des enjeux, débats publics et mobilisations plurielles. Des mobilisations qui mettent en mouvement qualitatif et quantitatif celles et ceux qui paient cash les choix politiques et économiques libéraux.

De toute évidence, la seule idée d’une telle perspective fait peur aux élites autoproclamées puisqu’elles font des pieds et des mains pour empêcher les peuples d’être les acteurs de leur destin, aggravant encore la fracture démocratique entre les opinions et les institutions.

De ce point de vue, c’est la démocratie et la politique au sens noble qui sont mises hors jeu. Et du coup, c’est le champ dans lequel s’aiguisent les contradictions du système dominant qui se trouve toujours plus mis hors de portée des interventions populaires. C’est l’idéologie dominante qui s’affirme toujours plus. Oui, il y a là un processus construit qui a ses brillants et efficaces théoriciens.

Lutter contre cette négation des idées pour lesquelles se sont battues des générations d’hommes et de femmes à l’Est comme à l’Ouest de l’Europe, constitue effectivement, comme l’expliquent abondamment nos thèses, un enjeu de civilisation essentiel.

Construite ensemble, patiemment et de manière ouverte, une alternative de gauche à l’idéologie libérale est assurément une condition centrale pour le renouveau de la gauche européenne toute entière.

Le fait que notre jeune Parti de la gauche européenne présente une position unitaire contre le projet de traité est un élément fort de cohérence et de cohésion. Il offre un levier puissant pour forcer le débat politique, nous adresser aux opinions et exiger partout que les peuples soient consultés. Il prendra tout son sens s’il aide à favoriser la confrontation des idées avec les autres courants progressistes, syndicaux, politiques ou associatifs attachés à fonder une autre et nouvelle Europe. C’est ce à quoi nous allons nous attacher. Tel est le sens de notre congrès.

09:52 Écrit par Communiste, c'est mon parti ! dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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