23/03/2007

Déclaration politique ... Conseil Communal de mars

jpJe voudrais m'attarder sur deux points qui me tiennent particulièrement à coeur mais auparavant, je vais survoler le document.

Page 1. « valoriser le rôle du personnel communal » : belle idée.
Permettez-moi toutefois de rappeler que 50 % du personnel a un statut précaire dépendant des subsides.

Page 4. « cadre de vie » : avant même de faire des propositions pour améliorer le cadre de vie, vous parlez de répression. Schéma de pensée bizarre. J'aurais plutôt tendance à croire que l'amélioration du cadre de vie peut améliorer les relations entre les gens, faire reculer les incivilités et donc rendre aléatoire la répression...

Page 5. « protection de la nature, de la biodiversité, des espaces verts » : bonne idée aussi. A toute fin utile, je connais un petit coin du côté de la rue de Bignault à Houdeng qu'il vaudrait la peine de protéger. Plus mystérieuse, cette idée de « protéger le patrimoine (ça c'est clair), mais
le « diversifier », je comprends moins. Plus étrange, toujours en page 5, c'est le « suivi des fuites », puis-je me permettre de vous suggérer de les colmater plutôt que de les suivre...

Page 6. « le contournement ouest » : un grand classique.

Page 9. « la sécurité », j'y reviendrai dans le point sur le budget de la police. Je rappelle toutefois que nous sommes demandeurs d'un débat ouvert à la société civile sur « l'implémentation (je pense que le mot « installation » aurait suffi) des cameras de surveillance ».

Page 10. « attention particulière au statut du personnel » : fort bien mais il est un peu dommage que cette préoccupation ne touche que les pompiers qui, au demeurant, ont évidemment droit à tous nos égards. Mais je pense que les autres travailleurs aussi mais pour eux, pas un mot.

Page 11. « le logement » : indéniablement c'est le chapitre le mieux structuré.

Page 15. « Faire de La Louvière une ville éducative et culturelle » : nous ne demandons qu'à souscrire à cette belle idée et nous serons attentifs aux moyens matériels et humains qui seront mis pour le concrétiser. Je pense au suivi d'un projet pédagogique dont nous a parlé l'échevin ; je pense aussi à
la nécessaire indexation de la dotation du centre culturel actuellement gelée au risque de tarir son action.

Page 20. « s'investir dans la CUC » : deux lignes ? Peut-être étiez-vous à court d'encre ?

***

Permettez-moi, cela étant dit de m'intéresser davantage, tout d'abord, sur le point 7 « Le service au public ». Chacun ne peut que se réjouir que l'on veuille « améliorer le service au public », notamment en regroupant l'administration dans le but d'en faciliter l'accès et le cas échéant de réaliser au passage des économies d'échelle. Mon objection n'est pas là.

Je m'étonne en fait que dans une déclaration politique à l'aube d'une nouvelle mandature, il ne soit fait allusion qu'au « service au public » et à aucun moment au « service public ». Je crains que ce ne soit pas seulement une question sémantique. Compte tenu de la composition de la nouvelle majorité -qui est, en soi- un choix politique de deux partenaires qui se sont combattus pendant des décennies, le fait qu'il ne soit pas fait mention de « service public » dans la déclaration peut paraître -et à mon sens EST aussi un choix politique.

Il n'y a pas si longtemps, la majorité de l'époque ne craignait pas - avec l'ensemble du conseil d'ailleurs - de prendre position en appuyant une motion déclarant la ville de La Louvière « ville non AGCS ». Pour rappel, il s'agit de l'Accord Général sur le Commerce des Services. C'était au conseil du 17
novembre 2003. Cette motion était tout à fait explicite et je l'aurais votée à deux mains.
Elle disait notamment ceci : « ... Considérant l'importance des services publics comme facteur de cohésion de la société, et comme instrument de la démocratie en ce qu'ils permettent à tous d'avoir accès à des services fondamentaux; Considérant que les négociations en cours au sein de l'OMC, négociations dites de l'AGCS, touchent des services publics de base (enseignement,
culture, soins de santé, transports publics,...) qui sont estimés devoir rester sous la responsabilité et l'exercice du secteur public; (...)

Considérant donc que ces négociations font peser de graves dangers sur les services publics, notamment sur les services publics communaux, et par conséquent, sur la cohésion de la société et la démocratie;(...)

S'OPPOSE au principe de l'AGCS, et par conséquent, au principe de
libéralisation de services publics communaux, qu'elle considère devoir rester dans le domaine public. » Fin de citation.

J'estime que de ne parler que de « services au public » sans réaffirmer explicitement son attachement aux « services publics » et sa volonté politique de les défendre et de les développer, c'est entrouvrir la porte à des services qui pourraient être privés en remplacement de services
communaux existant.

Au-delà de la prestation d'un service, le service public c'est aussi, il n'est pas inutile de le rappeler et d'y insister, un vecteur de redistribution nécessaire à la solidarité qui conduit à l'égalité entre les citoyens. Le service public permet de prendre en compte à la fois l'intérêt général en satisfaisant les besoins particuliers. Le service public traite les citoyens sur un pied d'égalité et préserve la société du chacun pour
soi.

Bien sûr un privé peut rendre des services au public, mais cela crée l'illusion que l'intérêt général pourrait être mieux servi s'il était confié à l'initiative privée, c'est-à-dire à des intérêts privés. Le service public atténue les inégalités alors que le privé risque de les accentuer : certains citoyens démunis peuvent en être exclus ou bien certains pourront se les payer tandis que d'autres auront un traitement d'assistés.

Je ne fais pas de procès d'intention. Personne cependant ne peut nier que c'est dans l'air du temps. Le vote récent (le 12 décembre 2006) de la directive Bolkestein, même amendée, met en péril les services publics communaux.

Aussi, je ne doute pas que certains collègues de la majorité soient sensibles à mon propos et en partage même certains arguments. Mais vous allez voter un chat dans un sac. Car si pour des femmes et des hommes de gauche, défendre les services publics va de soi, cela va beaucoup mieux en le disant et en l'écrivant. Pour le reste, nous jugerons aux actes.

***

Pour le deuxième point sur lequel j'aimerais intervenir, je dois dire que devant la masse de documents que vous nous avez donnés à lire, il faut parfois se re-motiver. Et je me suis donc livré à un petit jeu. Le jeu du mot mystérieux. C'est un jeu connu qui consiste à glisser un mot hors contexte dans un discours, dans un texte. Et bien j'ai trouvé le mot mystérieux. Bingo. Il y en a deux.

C'est le mot « démocratie participative».

Ce n'était pas facile car il arrive vite dans le texte et on s'attend à ce que ce concept original soit expliqué plus loin. Et non. J'ai cru un moment que c'était le mot «transversalité ». C'est un chouette mot mystérieux mais j'ai compris que ça pouvait vouloir dire aussi échevinat mammouth comme celui de Danièle Staquet ou de Georges Haine. J'ai cru que c'était le mot « transparence » mais on explique qu'on va « montrer que la commune oeuvre pour le bien-être commun contribue au dépassement desintérêts individualisés ».

Ca c'est pas un mot, c'est une phrase mystérieuse. D'autant plus mystérieuse que lorsque nous avons demandé que dans un souci de transparence les élus déclarent leurs mandats dans les sociétés privées, nous avons eu droit pour toute réponse à l'ironie de Mr Liébin et son mandat gratuit chez St Feuillien. C'aurait pu être « développement durable », en page 4 on parle de « notion transversale de 'Développement durable' », avec une majuscule et des guillemets, c'était téléphoné. Et puis, au jour d'aujourd'hui, un développement ne peut plus être que durable. Trop fastoche.

C'était donc bien « démocratie participative » parce que pas d'explication, si ce n'est au niveau de la communication et je crains que ce concept novateur ne se cantonne à ce niveau. J'aurais apprécié que la majorité soit plus explicite sur ce concept que nous sommes prêts à soutenir. Non parce qu'il remettrait en question la démocratie représentative ; il ne faut pas remettre en cause celle-ci mais lui donner toutes les chances de s'exprimer. Mais parce qu'elle contribue à réhabiliter la politique auprès des citoyens en les associant réellement dans les processus de décision, en leur donnant des moyens de contrôle des engagements et des réalisations, en mettant des moyens matériels et humains pour permettre la formation, l'éducation à la citoyenneté,... La décision politique finale revenant évidemment aux élus.

J'aurais apprécié quelques engagements pour aller vérifier les expériences en cours, leur richesse mais aussi leurs difficultés. Il ne faut pas courir pour cela à Porto Alegre mais cela se pratique à quelques encablures de chez nous, en France...

J'ai donc, pour l'heure, plus que des doutes sur votre volonté véritable de développer d'authentiques pratiques de la démocratie participative. Il faut dire que la courte expérience que nous avons dans cette mandature, démontre le caractère très formel et relativement cadenassé que vous accordez à la
démocratie représentative. Bref, j'ai le sentiment que pour vous, la démocratie participative ce sera un peu
comme les frites Mc Cain, plus vous en parlerez, moins vous la pratiquerez.

Mais, je suis d'accord avec votre ultime conclusion : REVONS !
Jean-Pierre Michiels

10:53 Écrit par Communiste, c'est mon parti ! dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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