23/03/2007

Conseil communal de mars. Budget de la police 2007.

ussrIntervention de notre Camarade Jean-Pierre Michiels.

Je tiens tout d'abord à souligner la clarté avec laquelle le budget de la police a été présenté, dans la continuité de ce qu'avait été la présentation de l'organisation de la police elle-même.

Les chiffres en soi n'appellent pas beaucoup de commentaires si ce n'est qu'en 2005 et 2006, la zone avait réalisé d'importants bonis qui ont pu être réinjectés. Il n'en sera plus de même à l'avenir puisque le bonus présumé au 1er janvier 2008 sera de... 1380,05 EUR.
Cela signifie que les réserves vont s'épuiser et qu'à financement égal par la ville, le citoyen louviérois devra y aller davantage de sa poche. Je souligne ce point du rapport présentant le budget que chaque louviérois débourse environ 153 EUR par an, alors que dans d'autres zones la moyenne s'élève à environ 132 EUR.

Cette inégalité est due à un problème récurrent, le sous-financement par l'Etat fédéral. Le subventionnement fédéral n'est que de 28,5 % pour 67 % par la ville, alors que la moyenne d'autres zones est de 40 % pour l'Etat.

Si cette moyenne était appliquée à La Louvière, le citoyen louviérois ne devrait dépenser que 123 EUR par an. Nous ne pouvons que dénoncer ce traitement inéquitable par l'Etat fédéral et rappeler quand même que le gouvernement qui a créé cette réforme coûteuse pour les deniers communaux et fait perdurer cette inégalité est un gouvernement à participation PS et MR.

Autre problème persistant, c'est le cadre. Celui-ci (236 agents) est en-dessous de ce qu'il devrait être théoriquement (254). On explique que ce sous-effectif est un des facteurs d'une augmentation des faits de délinquance, mais aussi un facteur de net désinvestissement du terrain de la part des policiers.

Cet argumentaire me laisse perplexe. Entendons-nous bien. Nous sommes favorables à ce que le cadre de policiers soit atteint. Mais cela devrait principalement permettre de meilleures conditions de travail par une meilleure répartition des « inconvénients », c'est-à-dire des prestations de nuit, de week-end, des heures supplémentaires,... Qui dit meilleures conditions de travail, dit remotivation des agents en fonction. On pourrait aussi ajouter comme pour de très nombreux autres agents communaux qu'une régularisation de leurs statuts, en particulier pour certains anciens agents, serait aussi un facteur motivant.

Ce qui nous rend perplexe, c'est de laisser entendre qu'un cadre complet peut avoir une influence sur une diminution des faits de délinquance. Est-ce qu'une société ultra sécuritaire comme aux Etats-Unis empêche le développement de la délinquance, et pas seulement la petite délinquance ?

Cet argument est fort discutable car les causes des faits de délinquance ou des incivilités me paraissent être d'une autre nature. Davantage socio-économique : de désoeuvrement, d'oisiveté, d'ennui ; voire culturelle avec notamment un phénomène de décrochage scolaire particulièrement préoccupant ou une crise d'identité chez de nombreux jeunes citoyens...

Peut-on réellement croire que 18 policiers supplémentaires pour atteindre le cadre de 236 à 254 suffiraient à faire diminuer les faits de délinquance ?

La zone de Charleroi (par exemple) est-elle plus sécurisée avec un effectif plus important ?

Je crains que ce genre d'arguments ne préfigure une demande encore plus importante tant sur le plan des effectifs que sur le plan des moyens matériels, comme par exemple des cameras de surveillance.

Si l'on en juge par les déclarations du chef de corps de sa volonté d'organiser une police communautaire de proximité, il faut bien constater que malgré l'organisation et un matériel coûteux (je pense notamment aux bicyclettes) mis à disposition, cette proximité fait encore largement défaut.

Je me fais en cela l'écho de citoyens qui disent ne plus connaître leur agent de quartier. Personnellement, je ne le connais pas non plus.

Cette proximité, par son action préventive induite, pourrait pourtant rassurer bon nombre de citoyens et faire régresser le sentiment d'insécurité qui mine notre communauté.

Prévention et proximité sont deux maîtres mots, incontournables et préalable à toute action répressive qui reste qu'on le veuille ou non du ressort essentiel de la police. On ne soulignera jamais assez le gigantesque travail que font les travailleurs de l'Action de prévention et de proximité.
Gigantesque, mais à quel prix ? Selon mes informations, 34 travailleurs y sont employés, dont une moitié sont en première ligne dans les quartiers, en prise directe aux sources des conflits. La plupart de ces travailleurs ont un statut précaire et pèse continuellement sur eux la crainte d'une interruption des subventions. Les conditions de travail y sont particulièrement éprouvantes. C'est un travail usant, tant physiquement que moralement ou psychiquement. Eternellement à recommencer. C'est un travail d'éducation permanente fastidieux mais qui incombe pleinement à la commune si tant est qu'elle constitue le pouvoir le plus proche du citoyen.

34 travailleurs, dont 16 en première ligne avec des statuts précaires.

Je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec la situation -même inconfortable- de la police et en appeler à un traitement plus équitable pour ces travailleurs sociaux, tant au niveau de la sécurité d'emploi que de la qualité de leur statut.

 

Pour en discuter: http://74143.aceboard.fr/74143-600-11438-0-Conseil-commun...

10:26 Écrit par Communiste, c'est mon parti ! dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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