23/03/2007

Adhésion éventuelle à une centrale d'achat ?

 

aff_privatisationIntervention de J-P Michiels, Conseil Communal de mars 2007.

 

L'explication donnée dans la note par le Collège est pour le moins contradictoire. Dans un premier temps, suivant l'avis du service juridique, on s'étonne du coût financier réclamé par l'IPFH (Intercommunale Pure de Financement du Hainaut), dont l'objet a été élargi pour lui permettre d'être centrale d'achat pour l'énergie.
Or, il s'avère que nous avons ici affaire à un marché conjoint, qui devrait être gratuit et non à une centrale d'achat qui pourrait monnayer ses services. La distinction est clairement expliquée dans la note qui conclut pourtant que le Collège propose de décider d'adhérer à la centrale d'achat.

Je voudrais poser une question et faire deux réflexions.

La question : Pourquoi précipiter l'adhésion à cette centrale tant que la question de la gratuité du service n'est pas clarifiée ?

Première réflexion :
Je regrette qu'une association de communes n'ait pas été envisagée plus tôt, dans le cadre de la Communauté Urbaine du Centre, par exemple. Elle aurait permis aux communes adhérentes de rechercher un fournisseur d'énergie, de négocier des tarifs plus favorables non seulement pour les municipalités mais aussi, dans le cadre d'une solidarité communautaire, pour les habitants qui en auraient fait la demande, voire même pour les entreprises de la région qui subiront elles aussi la hausse du coût de l'énergie.

Ma seconde réflexion a un caractère plus général mais elle prend tout son sens dans le cas concret qui nous préoccupe ici. La libéralisation du marché de l'énergie rompt le monopole d'Electrabel et la concurrence allait permettre de réduire la facture des consommateurs. (dans un commentaire de l'actualité daté du 1er mars,  l'UVCW déclare : La libéralisation du secteur de l'électricité promettait des baisses de tarifs, stimulées par une saine concurrence et censées profiter à tous.
Cette "saine concurrence" reste cependant le "chaînon manquant" de la belle équation, lorsque des monopoles de fait profitent des nouvelles règles en vigueur pour imposer "leurs" prix du marché à des autorités locales, forcées d'acheter à prix fort l'électricité nécessaire à l'éclairage public.

Ce détournement des mécanismes de libéralisation du marché est d'autant moins tolérable dans le cas de l'éclairage public. Il s'agit, en effet d'une mission de sécurité publique.

C'est donc le contraire de l'effet annoncé que nous subissons. La note pour le consommateur privé va être plus salée. On parle d'une augmentation d'une moyenne de 50 % pour les communes. Il ne serait pas étonnant que certaines petites entreprises soient mises en difficulté par cette libéralisation. De plus, l'ancien système - un modèle, faut-il le souligner - d'une entreprise privée sous contrôle public et ouvrier permettait une péréquation qui assurait une certaine égalité entre les citoyens de notre pays.
C'est fini.
Ainsi, à consommation égale, nous paierons à La Louvière jusqu'à 10 % de plus qu'à Bruxelles ; et un consommateur verviétois paiera jusqu'à 20 % en plus.

Voilà le résultat d'une société toujours plus libérale. C'est d'autant plus choquant que les sociétés de distributions réalisent des bénéfices colossaux qui vont encore s'accroître sur le dos de la collectivité et plus particulièrement des villes et communes, donc des citoyens.


L'UVCW a demandé (je cite toujours la note) « ... au Gouvernement wallon de prendre exemple sur ses homologues flamands et bruxellois en classant comme obligation de service public, (j'insiste sur ce point : « obligation de service public) à charge des gestionnaires de réseaux de distribution, l'exploitation et l'entretien des réseaux d'éclairage public.
Ce mécanisme permettrait d'abaisser et de lisser les coûts du service sur l'ensemble des clients finaux de la région, plutôt que de forcer les autorités à taxer les consommateurs, selon des taux pouvant s'avérer très élevés dans certaines communes. »

Le coup de force libéral (ce n'est pas moi qui fantasme, ce sont d'éminents économistes qui le démontrent) qui détruit, pan par pan, le système socio-économique hérité de l'après-guerre, n'a certainement pas fini de nuire.

Ainsi, la future libéralisation de la Poste aura sans doute aussi des effets néfastes pour les finances communales et le porte-monnaie des citoyens.

Notre ville est directement touchée par cette transformation de notre système. Je m'inquiète, quand je lis certains passages de la déclaration politique de la majorité, que celle-ci accepte cette évolution sans résister.

14:20 Écrit par Communiste, c'est mon parti ! dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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