18/05/2005

Pour l’Europe - Contre la Constitution !

 

Début mars, des dizaines de milliers d’Européens manifestaient dans les rues de Bruxelles. Contre la fameuse « directive Bolkestein » et pour une Europe sociale. Ils intervenaient ainsi avec vigueur et lucidité sur le terrain politique immédiat. Car Bolkestein n’est pas un accident de parcours dans la construction d’une Europe qu’on nous promet plus solidaire. Elle incarne le cours ultralibéral de la construction actuelle de l’Union. Et la Constitution européenne ne contrecarre pas cette tendance de fond.

De plus en plus de voix s’élèvent pour dire « Oui à l’Europe ». Mais à une Europe des peuples. Une Europe de l’emploi, du développement humain et du progrès partagé.

 

Cette Europe-là est possible.

 

Elle est aussi nécessaire. En juin 2004, près de 60% des citoyens ont refusé de participer à l’élection de l’Europarlement. Les sondages montrent que, dans toute l’Union, l’idée même d’Union européenne est en crise profonde. 

C’est qu’elle souffre depuis trop longtemps d’un libéralisme effréné et d’une opacité technocratique affirmée.

 

Les partisans de la constitution nous disent : c’est un bon texte, il conjugue « compétitivité » et « modèle social européen ».

{Curieusement, c’est la droite qui milite le plus ouvertement pour la Constitution. Et au nom de l’Europe sociale !} Mais le patronat européen (l’UNICE) jubile. Satisfait que « le traité constitutionnel n’accroisse pas les compétences de l’Union dans le domaine social » !

 

Social ? Dans la Constitution, le mot « banque » apparaît 176 fois, le « marché » 78 fois, la « concurrence » 174 fois.

Le « progrès social », trois fois

Les « services publics », une fois

La « libre concurrence » et la libre entreprise sont sacralisées

 

Les partisans du « oui » parlent beaucoup de la Charte des droits fondamentaux, inscrite dans le traité constitutionnel. Mais celui-ci en limite aussitôt la portée. Ces droits ne s’appliquent que dans la mesure où ils ne contredisent pas « la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux ». Soit les principes du libéralisme.

 

L’espoir naît en France

 

En Belgique, nous ne serons pas consultés. Les parlementaires décideront seuls de ce qui est bon pour le peuple et de ce qui ne l’est pas. Mais le référendum en France pourrait remettre les compteurs à zéro. Plus les citoyens prennent connaissance du texte, plus ils le rejettent. Pour la plupart d’entre eux, dire « non », c’est rouvrir le processus européen, dire « oui », c’est le figer.

Le « non » donnerait une voix aux peuples d’Europe qui n’ont pas le droit de s‘exprimer. Et du souffle à ces forces qui, partout, travaillent à construire une autre Europe, en phase avec les attentes et les aspirations des femmes et des hommes de notre continent.

Le « non » obligerait à mettre enfin en débat le sens même de la construction européenne actuelle. 

 

Oui, décidément, une autre Europe est possible !

11:33 Écrit par Communiste, c'est mon parti ! | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Abraham Lincoln disait : on peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps.
Abientôt

Écrit par : d.o | 18/05/2005

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