31/03/2004

Les communistes du Centre s’insurgent contre la scission de la SNCB !

Ainsi donc –sans aucun débat démocratique au parlement- le conseil des ministres a donc décidé, le vendredi 26 mars dernier, de scinder la SNCB en trois sociétés distinctes : une société holding chargée de l’organisation du groupe, une société chargée du transport proprement dit et une troisième société responsable de l’entretien des infrastructures (voies, signalisation,…).Cette décision répond aux directives européennes sur la libéralisation du rail. Une injonction apparemment extérieure mais personne ne doit oublier que ces ukases de l’Union européenne ne sont rendues possibles qu’avec l’approbation des gouvernements nationaux. Comme il en est devenu l’usage, le pouvoir se réfugie derrière l’Europe pour faire ses sales coups. Si le caractère public persiste encore (participation à 100 % de l’Etat belge dans le capital des deux premières sociétés et de 50 % avec majorité des votes de 80 % dans la troisième), qu’en sera-t-il demain ? Rapidement, en effet, le transport marchandise va être mis en concurrence avec n’importe quel opérateur étranger. Suivra ensuite le transport voyageur. On peut donc s’attendre à plus ou moins court terme à voir l’éclosion de sociétés rivales qui marchanderont leurs prix au détriment de la sécurité. L’exemple anglais en témoigne.Quelque 2800 postes seront perdus dans l’opération. Pour le moment, le statut des personnels est maintenu, mais qu’en sera-t-il très rapidement lorsque, au nom de la concurrence, et le statut des agents, et l’emploi, et les salaires actuels seront considérés comme des obstacles à la compétitivité ? A ce propos aussi, l’exemple anglais est affligeant. Un « comité de pilotage », incluant les deux grandes organisations syndicales va être créé. « Ce sera le chien de garde de l’unité de l’entreprise », aurait dit un syndicaliste. Naïveté ou aveuglement ? Chacun sait très bien que cette décision n’est jamais qu’une étape supplémentaire –mais de taille puisqu’elle fait éclater l’entreprise d’état - vers une privatisation totale du chemin de fer.Considérer cela comme un progrès, comme une avancée démocratique est un mensonge éhonté. Pire, c’est une trahison. Les socialistes peuvent se gausser d’avoir obtenu quelques rogatons sociaux lors de l’avant-dernier sommet gouvernemental à Ostende ; le fait d’avoir accepté la scission d’une entreprise nationale qui fut depuis 1926 l’un des piliers de l’Etat est une concession libérale impardonnable. On dit que cela n’aura aucune incidence pour les usagers. Reste à voir dans un avenir plus ou moins rapproché. Mais en attendant, l’usager citoyen, lui, a bel et bien été tenu à l’écart d’une telle décision. Il faudra encore bien des entourloupes verbales pour que Di Ruppo explique la cohérence qu’il y a à soutenir une telle politique de privatisation larvée et à se pavaner dans les forums sociaux anti-libéraux qui s’opposent… aux privatisations et réclament une démocratie participative.Le cœur serré, les communistes du Centre saluent la mémoire de ces centaines de milliers de cheminots qui ont donné passionnément leur vie à la SNCB ; qui y ont lutté âprement. Plus que jamais les communistes continueront à défendre avec d’autres les services publics et s’inscrivent dans la résistance au libéralisme, résistance qui reste à construire !

17:13 Écrit par Communiste, c'est mon parti ! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.